Avec le store to web, les magasins redeviennent des vitrines

Vous entrez dans le magasin, faites quelques essais de pantalon, choisissez finalement une teinte qui n’est pas présente en rayon et vous vous faites livrer votre sac de shopping deux jours plus tard chez vous . Voilà ce qui peut vous arriver dans l’un des deux pop-up stores connectés Celio ouverts à Paris jusqu ’au 5 juin. La stratégie de la marque d’ habillement montre l’essor du store to web. Une tendance marketing qui veut faire revenir les acheteurs dans les magasins. A l’ heure du client -roi, les marques ont tout à y gagner.

Combattre la guerre des prix entre les marques

Sur le web , le consommateur dispose aussi de tous les outils pourtrouver le prix le plus bas . « Les consommateurs se préparent au maximum en ligne , en particulier quand le bien est estimé comme cher. Si le prix ne leur convient pas, il y a peu de chances qu’il se rende tout de même en boutique  », analyse Claude Terrier, directeur clientèle retail chez GFK, un institut d’audit et d’études marketing. Mais le client se détourne de la marque, c’est un achat de perdu pour elle.

Avec le store to web, les marques attirent à nouveau les acheteurs dans leurs murs. Un espace qui n’est consacré qu’à leurs produits et où tout est fait pour répondre à ses attentes. Les conseillers , équipés de tablettes , guident les clients et leurs permettent de tester le produit en direct . « En fait, le store to web combat la guerre des prix qui a lieu sur le net. On sort de la comparaison systématique et on s’intéresse purement au produit proposé sur place », explique David Vidal , associé chez Simon-Kucher & Partners , un cabinet spécialisé en grilles de tarification. On évite aussi que le client n’aille regarder ailleurs.

Gondoles digitales et tablettes murales

Et pour cela, les marques redoublent d’attractions pour faire découvrir des produits aux visiteurs , comme chez Sephora Flash , rue de Rivoli. Les responsables marketing insistent sur « l’ expérience shopping unique » fournie grâce aux « gondoles digitales, tablettes murales et bornes interactives ».

On y trouve par exemple un linéaire mural consacré aux fragrances de parfum. Les testeurs sont dotés de tags NFC qui permettent d’ afficher des informations sur le produit et le déposer dans son panier digital . Un moyen de passer du test à l’achat en un clin d’œil. Deux petits robots Nao sont aussi là pour guider les clientes.

Mais le concept a parfois du mal à passer. « J’ai bien vu qu’il n’y avait pas de caisses traditionnelles. Mais je ne comprends pas ce que ça apporte . Je peux très bien commander les produits de chez moi sur internet et me les faire livrer aussi », explique Safiatou. A la sortie du magasin, Wendy est elle aussi mitigée. « Je me suis servie des écrans pour trouver dans quel magasin le produit que je recherche est disponible . Mais je ne comprends pas à quoi servent les robots qui parlent tous seuls. »

Si le magasin est bel et bien redevenu la vitrine d’une marque, reste à convaincre les clients de devenir acteurs au sein même des boutiques.

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